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Louise Caroline : Les encres potentielles

 

Il y a bien longtemps, en 1965, lors de l’entretien que j’ai publié dans le n° 11-12 de ma revue « identités », à la question de Ben Vautier demandant si avant le travail dans l’esprit Fluxus il avait pratiqué la peinture, George Brecht répond avoir peint des draps. Il expliquait avoir versé de la peinture sur des draps pliés. Avait-il dit drap comme matière tissu ou linge de lit ? J’avais moi compris et traduit draps en pensant drap de lit. Défini par des formats que justifient les corps humains qui en feront usage (une ou deux personnes), il ne s’agit que d’un rectangle de textile simple tissé en coton, en lin, ou métis, qui parfois est aussi orné d’ajours et de broderies, apparats d’autant plus surprenants que ces linges devraient être destinés à des jouissances plutôt intimes. Il n’y a qu’un peu plus d’un demi-siècle, nous étions encore en un temps où le plus souvent avec ce tissu intime dans nos lits nous naissions, nous dormions, nous concevions et aussi mourrions. Une vie liée à nos draps, dans ce qui pouvait aussi parfois au bout devenir linceul.

Le textile est le propre de l’homme qui pense. Je ne parviens pas à imaginer ce qu’il pouvait être à l’origine, les premières fois que des fibres ont été mélangées dans un ordre assez régulier pour donner une surface souple, un tissu. L’hypothèse énoncée par Sigmund Freud d’une invention par les femmes, à partir de leurs chevelures, qu’en 1995 je proposais en prétexte de mon travail sur les tissages de cheveux, ne convainquait pas Michel Butor, qui me l’écrivait par retour du courrier. Opinion qu’ensuite je lui disais partager, tout en maintenant cette hypothèse trop belle pour n’être pas symboliquement efficace. L’image d’une femme utilisant ses longs cheveux comme fils de trame et fil de chaîne me semblait rêveusement convaincante. C’est que dans la force d’humanisation la projection rêvée et la conviction compte sans doute autant que la vérité, surtout lorsque comme il est ici le cas, la vérité est impossible à établir. Il importait que le tissage soit un produit humain autant par la consistance que par la conception. Le textile écrit le processus de l’Humanisation, il est le texte continu de notre histoire.

À titre symbolique, puisqu’elle n’œuvrera ni dans le tissage, ni dans l’imprimerie… sauf comme auteur, Louise Caroline avance son origine, familles de tisserands d’un côté, imprimeurs de l’autre, pour utiliser le matériau de récupération qui supporte sa démarche. Tissus, mais pas n’importe lesquels : tissus récupérés dans une imprimerie après avoir été utilisés à l’essuyage des encres. L’exploration de ces taches en apparence incontrôlées donne champs à l’imaginaire exploité par Rorschach. Champs qui sont donc ouverts à la projection. À l’analyse, sont-ils vraiment des surfaces « n’importe quoi » avec leurs couleurs déclarées informelles ? Lorsque fluides superflus dans la presse les couleurs viennent imprégner en bout de course le textile, elles sont résidus de textes composés et d’images cadrées. Les structures des images que les chiffons présentent sont donc déterminées par les formes très précises des maquettes, écritures et images sur lesquelles ont été en ce premier temps du travail distribuées les couleurs dans un ordre rigoureux. Certes, le résultat de l’essuyage est un mélange, mais issu de l’aspect rationnel des documents imprimés, ici plus bleu, là plus rouge, ailleurs plus jaune, le noir souvent dominant. La répartition des couleurs sur ce qui ne sont encore que chiffons dépend en partie d’essuyages successifs, et de la gestualité de l’homme qui y procède, action du bras, implication du corps comme pour le dripping de Jackson Pollock, l’homme qui circulait sur sa toile. Mais la distribution des couleurs que J. Pollock projetait dans l’espace en fonction des mobilités de son corps devient dans la démarche de Louise Caroline le résultat d’un passage en machine, tandis que les plis, comme les travaillait Simon Hantaï, sont produits par les gestes irréguliers des personnes qui appliquent les tissus contre les surfaces lisses de la machine. Dans les pratiques de la peinture moderne et contemporaine la gestualité est devenue de plus en plus manifeste, jusqu’à souvent devenir le sujet même de l’œuvre.

Le tissu industriel passé à la fabrique est, dans son usage de chiffon récupéré, humanisé d’un retour à la manufacture. Si la machine et la matière proposent le champ des possibles, l’Homme, même en toute innocence, finalement compose. Peter Bluneig dans l’un de ses romans que j’ai traduits (cette traduction est restée inédite) décrit le bureau d’un romancier (qui lui ressemble) dont un tiroir contient un lot de flacons d’encre entamés ou vides, des cartouches à stylo pleines ou épuisées, de nombreux stylos billes la plupart asséchés. Il suggère que l’écrivain est incapable de jeter instruments et encres qui dans son imaginaire représentent l’origine et les potentialités de ses textes.

Face aux données brutes des tissus encrés, Louise Caroline révèle souvent l’apparition de visages, de corps, parfois de végétaux, selon les effets du fragment déterminé par le quadrilatère qui aura pu être extrait du chiffon récupéré. Le tableau sera donc découpé dans un tissu encré all over et venu comme chez Jackson Pollock d’un plus vaste coloriage. Mais au lieu d’un peintre jetant en artisan la peinture au seul hasard du déplacement corporel dans l’espace, Louise Caroline affronte la machine, le soin après-coup auprès de la machine, avec à l’origine l’encre et sa potentialité de discours. Le pouvoir de l’encre encore en vrac, comme le sont les mots dans le dictionnaire, a été mis en ordre d’expression, puis dispersé dans les fibres pour redevenir disponible au sens, ou du moins au rêve. Nous voici revenu à l’hypothèse d’une interprétation complexe des taches, interprétation de rêves potentiels imprimés dans le textile qui laisserait notre imaginaire Sigmund Freud songeur : l’impossible épuisement des taches qui imprègnent le tissu de toute la littérature possible.

Bien que tout rêve soit autorisé, contentons-nous du regard arrêté aux limites des bords des tableaux. En chacun d’eux n’est dit qu’un minuscule fragment de la totalité des encres, mais il reste ouvert sur l’illimité de la parole.

Marcel Alocco

Nice, mai 2017 (paru dans performArts, juillet 2017)

Nice-Matin, 4 Avril 2022 ​

Expressions libres

La sensibilité du regard 

« C’est le regardeur qui fait l’œuvre », Marcel Duchamp.

stArt les 30 ans, Marcel Alocco, performArts, novembre 2020

"Ce qui se dit",  Marie-Christine Masset

 

À Louise Caroline et Martin Miguel

               Avancer lentement au bord d’un précipice et laisser le vide capter le regard, ainsi s’approche-t-on d’une œuvre d’art ou d’un poème. Il faut oublier les paysages d’avant, se laisser pénétrer par ce qui fonde l’inconnu, être amnésique de son histoire personnelle, de celle des autres. Souffle comprimé s’avancer encore et saisir ce qui exfiltre des œuvres : le langage. Les encres d’imprimerie sont formes caressées, palpées, colorées. Les créations de Louise Caroline aux titres territoires sont monceaux, froissements, plis  et éclats de ciel et de terre, chair et rêves mêlés. Ces poèmes visuels, agités par le vent, mus par le soleil-sang des mains et du cœur de l’artiste, donnent couleurs et formes, véritable épiphanie de l’indicible. Les paysages intimes et singuliers se glissent, se lient, dévoilent voire interpellent les nôtres. Ainsi, le premier mot sera-t-il articulé dans la matière, on peut avancer encore, regarder, comprendre comme un partage se descelle et se donne à vivre. Matière noire agissante, le vide est devenu art. L’œuvre parle et avec elle la poésie.
                Sauvagerie, domesticité, nature, culture, la main de l’artiste écrase les siècles, supplante le temps, domine la mémoire en oubliant toutes les langues et en les réinventant à la même seconde, elle bâtit sur le béton l’abyssal vide où se compose ce qui se dit (ou ne peut se dire) dans le secret de la matière travaillée. Le trait invite à une trajectoire, l’ouvert de la forme (même circonscrite, même enfermée) appelle la couleur à ne jamais renoncer à se révéler et à révéler. Ce qui sourd là simultanément est la force magmatique et nourricière de la matière travaillant en elle-même et travaillée par Martin Miguel. Avancer, avancer encore vers ce qui n’est plus le vide mais espace atemporel où vibre la première molécule minérale.
                    Ce qui est donné là se murmure et se répète déjà à l’autre, celui qui viendra juste après se glisser lui-aussi dans l’œuvre et dans l’entre-deux des œuvres si proches l’une de l’autre et si merveilleusement séparées, laissant là le passage à ce qui se dit, à la poésie faite art.


Marie-Christine MASSET (avril 2020), poète, membre du comité de rédaction de la revue Phoenix

"Lorsque l'art s'engage", Brigitte Chery, performArts, Février 2019

Marcel Alocco, "Louise Caroline. Les encres potentielles", performArts, Juillet 2017

Saint Sébastien ou Le petit théâtre des humbles
 

Tout à la fois, de la mise en scène et du titre nous intrigue.
Habituellement, saint Sébastien offre  une image du martyr debout dans ses liens,  criblé de flèches. Dans de nombreuses églises, l’imagerie populaire le représente   percé de flèches colorées dont les blessures sanguinolentes attirent le regard.  Après le christ, il fut le premier saint qui emporta tous mes suffrages.
Ici, une peinture de maître sans doute, le saint gît au sol, renversé dans un abandon qui touche à l’extase. Cette impression est confortée par la transparence et la pureté des blancs. Le corps offert,  l’étoffe qui le dévoile sont sublimés, à peine devine t-on l’esquisse d’un carquois et de ses flèches.
Mais ce qui surprend encore est la mise en scène de cette image de saint. Elle semble avoir été  découpée dans un magazine, ou plutôt, prélevée comme un trésor par d’humbles mains pour être collée en fond d’ une petite boîte tout aussi humble : cinq planchettes de bois qui sentent la cire et l’encrier.
Sur le côté, un rideau ouvre la scène et nous invite aux noces de la ferveur populaire avec  le  mystère et  la beauté.  Et cet instant est poignant.
Ce qui véritablement révèle la scène et révèle l’oeuvre que nous avons sous les yeux, c’est le rideau : une toile rêche sans grâce sur laquelle on reconnaît le travail de la main qui froisse le monde d’ici bas. On imagine alors que ce tissu brut servit à envelopper le corps meurtri du saint tout maculé de sang de sueur et de larmes, celles de ceux qui furent à ses soins. Comme un drapé, à l’inverse de la douce et lascive étoffe blanche du tableau, le rideau de bistres et de sang délavé, celui qui prit en charge la souillure, cache maladroitement la raideur de la mort.
Ainsi l’artiste fait naître notre émotion en nous donnant à voir le petit  théâtre des humbles.
 

Sylvie Paligot- Grimal, poètesse, directrice artistique du Festival théâtral de Coye-La-Forêt, 13/04/20

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L'alcôve (d'après Nicolas-Guy Brenet)
Louise Caroline
Tissus d'imprimerie drapés, coffret bois 25x36 cm,
 reproduction papier de "Saint Sebastien"

Louise Caroline présente 8 FEMMES POUR LE 8 MARS Médiathèque Albert Camus Antibes, 8-31 mars 2019.

Comme pourrait le faire penser le titre circonstanciel, il ne s’agit pas d’une exposition-manifeste féministe qui prétendrait présenter des œuvres militantes. Le propos est de montrer, sans prétention, que le dire de l’artiste est plus complexe, plus mélangé, plus à l’image de ce qui l’exprime. L’artiste est constitué par un vécu de corps et de langage qui ne saurait se réduire à l’accord des noms et des adjectifs. Occasion de peut-être montrer, avec la déclinaison de huit caractères ou huit regards, qu’une femme peut être « peintre » sans obligation de se dire ou la dire « peintresse ». Peu importe le genre des mots, c’est la densité du dire qui compte.
                    Certains ont revendiqué et écrit qu’il y a un art féminin, une peinture féminine : affirmation péjorative pour les machos, appréciative pour les féministes. Banalement, je suis persuadé que l’œuvre possède les caractéristiques de ce qu’est globalement l’individu créateur. J’ai récemment raconté que j’avais début des années soixante-dix proposé à un galeriste niçois, qui a refusé, d’exposer « Les Pensionnaires » d’Annette Messager dont le travail m’avait impressionné. Travail très féminin, dira-t-on : il est vrai, mais c’était un autre temps, et il était surtout conçu et revendiqué comme tel. Et en quoi les sculptures de Germaine Richier à travers leur violence égale à celle d’un Giacometti ou d’un César seraient-elles plus féminines? Et les corps si lisses de Camille Claudel si proches cependant de ceux de Monsieur Rodin ?
                 Un petit incident, anecdotique bien que … peut-être violent – bien que d’une violence seulement psychologique – m’a probablement rendu davantage sensible à la question. Un matin, il y a fort longtemps, dans l’atelier de l’École Municipale « Villa Thiole », nous peignions une nature morte : pot de fleurs, pommes, poires, raisins et torchon de cuisine à liserés rouges. Regardant mon travail, Madame Louise Charbonnier, artiste qui avait avec Edouard Fer directeur de l’école le privilège d’avoir été admise par Gustav-Adolf Mossa à figurer dans l’accrochage permanent du Musée des Beaux-Arts (Chéret), avait déclaré : « Alocco, vous peignez comme une fille. » Évidemment rires de l’ensemble des élèves, filles et garçons. Louise Charbonnier répondant à cette réaction précisait : « Ce n’est pas une critique, c’est une appréciation. D’ailleurs, voyez, je pourrais dire que Mademoiselle Poirier peint co
mme un garçon. » Mademoiselle Marie-France Poirier était une jolie blonde, rose façon Renoir, qui sans doute en devint à l’instant plutôt rouge. Je ne sais pas ce que ma condisciple a fait de cet incident, j’en ai moi à l’usage toujours conclu que le rendu ne ressemblait pas à monsieur ou à madame, mais à ce que monsieur ou madame en œuvrait : construit comme s’est construit l’artiste, dans sa culture familiale, avec les acquis et les rejets de la Culture dans laquelle, plus ou moins bien, il prend place. Reflet d’un caractère ainsi forgé davantage que d’un genre qui n’en est qu’une des multiples composantes. C’est que l’humain, né animal, est humanisé, qu’en homme et femme il s’humanise. Oui, comme Simone Beauvoir l’a résumé « On ne naît pas femme, on le devient ». Nous pouvons de même dire que « on ne naît pas artiste, on le devient ». Plus précisément, on se fait devenir : à partir de tous les possibles dont on a voulu et pu s’emparer.
                      Il s’agit donc bien aujourd’hui de la volonté de montrer huit artistes dont les œuvres plastiques font sens hors distinction de genre. Les œuvres rassemblées en cette occasion bien qu’appartenant au moins en partie à une histoire commune, génération et lieu, présentent des esthétiques diverses. Il est certain que travaillent dans notre région des dizaines d’artistes femmes dont les productions auraient mérité d’être en cette occasion montrées. Il se trouve que le hasard des rencontres et des participations suivies ou occasionnelles aux activités artistiques azuréennes ont fait que nous sont mieux connues celles qu’au cours de nos conversations avec Martine Monacelli nous avons choisies en toute subjectivité. Ma première rencontre avec Martine Monacelli a eu lieu par la parole, pour un projet d’entretiens ensuite réalisés, qui ont été publiés en partie par La Revue Nouvelle de Bruxelles (dans le n° 2 de 2017), puis l’ensemble aux Éditions de l’Ormaie, avant que je la connaisse comme artiste au fil de plusieurs expositions, sous le nom de Louise Caroline, exploitant des tissus encrés par un imprimeur nettoyant ses presses. 
Alors que nous étions nés et avions vécu jusque-là à Nice, dans le même quartier, j’ai rencontré aussi par le verbe Régine Lauro – à Aix-en-Provence, vers 1960 quand nous étions étudiants à la Fac de lettres. Notre petit groupe de poètes avaient créé en 1962 la revue « identités » qui publia d’elle textes en prose et poèmes dans plusieurs numéros. J’ai pu voir évoluer son travail pictural dans son atelier, et apprécier le stade récent exposé à La Galerie Librairie Niçoise. Michèle Brondello était encore étudiante à la Villa Arson quand nous avons fait connaissance. Après les expositions personnelles de ses stèles notamment au « Lieu 5 » à Nice, et à Saint-Paul-de-Vence chez Alexandre de La Salle, (le galeriste des expositions décennales « École de Nice » de 1967/ 1977 /1987/ 1997) nous avons eu l’occasion de participer ensemble à plusieurs collectives. Pour d’autres, plus tard, nous avons avec Martine Monacelli, d’abord sans connaître la personne, vu et remarqué leurs travaux : Elisabeth Foyé figurait parmi les 31 artistes présentés dans le deuxième tome de Impressions d’Ateliers de Patrick Boussu, Jean-Michel Sordello et Michel Franca paru en 2014, dont le CIAC Château de Carros exposait en 2016 les artistes. En 2018 le Festival du Peu de Bonson la montrait, parmi les douze artistes sélectionnés, avec un autre aspect de son œuvre. Isabelle Poilprez exposait en juin 2016 au CIAC Château de Carros ses œuvres de verre que nous avons pu revoir quelques mois plus tard à Nice, Galerie Christian Depardieu. J’ai pu suivre l’évolution du travail d’Eliz Barbosa qui a souvent montré à Nice (dans la même galerie Depardieu, en 2012, 2014 et 2016). Pour Isabelle Becker, la véritable rencontre avec son travail eut lieu à l’occasion de la monstration de ses réalisations à Nice, Galerie Quadrige, accompagnant la parution en 2017 des illustrations du livre « Saint Pierre » dans la collection La légende dorée (Éditions La Diane Française). Martine Monacelli a proposé d’inviter Sophie Bayeux, dont je ne connaissais le travail qu’en photos mais dont Andrea Visconti écrivait : « Découper, recoudre et colorer apparaissent dès lors comme un exutoire face aux déchirements de la planète ». Démarche qui malgré, et surtout à cause de l’écart entre le mou et le solide des matériaux et des images respectivement traités, ne pouvait me laisser indifférent.
                          En cette exposition vous sont donc proposées en toute subjectivité huit artistes dont les démarches sont divergentes mais qui, contemporaines et dans notre environnement, prennent racines dans le vingtième siècle, ou s’expriment avec le vingt-et-unième. L’important des semblables n’est-il pas dans leurs différences ?


                                                                          Marcel Alocco
                                                                      Nice, janvier 2019


Des extraits de cette préface ont paru dans le "Patriote Côte d'Azur",  n° 281, p.12 CULTURE

Julien Giovannoni,  « Louise Caroline », La Salamandre d’Axolotl,  n° 8, Novembre 2014

 [...] Un grand tissu montrait l’espace infini, les confins de l’univers qui se dessinaient devant moi. Cet espace lointain, faisait défiler tantôt du vide et tantôt des immensités vaporeuses comme lorsque l’on appuie fermement sur ses yeux et que la pression sur la rétine où l’iris nous offre d’étranges apparitions. Un noir d’encre comme une couche pâteuse sur lequel apparaissaient des points très lumineux qui scintillaient, qui tournoyaient et semblaient se déplacer à la vitesse d’un éclair. Puis ces points lumineux au nombre incalculable semblaient s’étaler sur le noir, formant des sortes de nuages ou de halos aux formes géométriques incroyables. Comme autant de galaxies que l’on traverse, qui s’effacent aussi rapidement qu’elles sont apparues, leurs couleurs variant du damier noir et blanc au rosâtre, verdâtre, jaunâtre, comme un mélange infini de couleurs que notre cerveau n’arrive plus à analyser [...]

Huit créatrices s'attaquent au 3eme art, 9 Mars 2019

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Louise Caroline, "Jeux d'impressions", Août 2014 ​

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Louise Caroline, Artist of the Month, The Riviera Woman, 1 September 2016 ​

Louise Caroline's "approach to art is very unique et [her] aesthetic work clearly shows a deep understanding  for the sensibility  of material and colour"

Dr Sven Beckstette, conservateur, Kunstmuseum Stuttgart, 6 June 2014.

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Nice-Matin :  Exposition de Louise Caroline, "Pièces de drap", du 13 au 30 avril 2018, Vieux Moulin, DRAP (06)

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