Peindre, dit-elle...

Updated: Jan 25


Au XXe siècle tout artiste s’est posée la question à un moment ou à un autre: faut-il, pour être peintre, jeter de la peinture sur la toile à l’aide d’un pinceau ? Comment, après tant d’autres, (re)copier le réel, (re) tracer des formes véritablement nouvelles ? La réponse est venue de mon matériau-rebut : « expérimenter » l’existant, exploiter sa prégnance, lâcher le pinceau pour le ciseau, le châssis pour l’étoffe, le vernis pour la colle, autoriser le matériau lui-même à m’offrir ses propres formes en fonction de la chimie des mélanges, la danse des couleurs, l’éclatement des fibres, la violence ou la douceur du geste d’essuyage, l’effet de l’accord ou au contraire du désaccord des matières qui s’entrechoquent.

Ma « peinture » est une peinture par procuration, une peinture de l’étalement, de l’écoulement, de l’éclaboussure, de l’énergie générée par l’encre d’imprimerie sur des tissus blancs lavés, déchirés, recyclés ---- un art sui generis, au-delà du réel : à suivre les couloirs de l’encre sur l’étoffe, je m’ouvre à des territoires encore vierges, et plonge dans mon monde intérieur comme d’aucuns font un pélerinage … LC


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