Mémoires de tissu

Updated: Oct 16, 2020

D’abord fibres naturelles, puis œuvres manufacturées, passées plusieurs fois   par la main de l’homme (tissage), le corps de l’homme (linge), puis rebuts soumis à la  brutalité de la machine (rotatives). Devenus rébus.


             Ne pas cacher le passé du tissu, au contraire  exposer sa mémoire.


Fascination exercée par ce chaos de couleurs et de lignes, musicalité, potentialité.


​            Nécessité de se colleter avec un support « vivant » dans une sorte de nouveau corps à corps. Car l’on ne dispose pas du tissage à sa guise: impossible de couper n’importe comment; le fil orchestre la toile, résiste à mon intervention, la toile se dérobe, se troue, retrécit …


              Elle finit toujours par  « s’offrir ».


              Maturation puis jaillissement de la création qui produit une « œuvre-texte » (du latin texere tisser et composer un ouvrage et textum, tissu et trame d’un discours), recherche de la mise en scène, du « cadre », ultimes où la toile prendrait tout son sens et finirait sa course.


             Au fond tenter de parvenir à la META-morphose finale. 

             Syndrome de l’éternel homo faber ?


Démarche paradoxale qui consiste à « encadrer » pour donner à voir, tout en sortant du cadre initial : retenir à nouveau le sujet, le faire prisonnier, pour mieux le libérer. Jouer au démiurge. Mais l’œuvre échappe à son créateur : infinis sont les avatars de ce matériau polymorphe, « manuscrit » palimpseste, témoin de notre substance pensante mais néanmoins impuissante.


                                  LC, septembre 2017

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